Body shaming : comment gérer les remarques sur ton physique ?

Tu as remarqué qu'il y a toujours quelqu'un pour commenter le corps des femmes ?

Par exemple, cette collègue qui lance à une autre « tu devrais faire attention, ça se voit que tu as pris un peu », ou ce proche qui croit bien faire avec son « tu serais tellement mieux avec quelques kilos en moins »… Personne ne peut y échapper, que ce soit toi, ta voisine de palier ou même les célébrités qu’on considère comme des icônes de beauté.

Et ce genre de remarques, ce n’est jamais « juste une remarque ».

Bien souvent, ces critiques à peine voilées sur le physique viennent toucher exactement là où ça fait déjà mal. À force, elles peuvent impacter l’image que tu as de toi-même, mais aussi ton comportement. Et c’est là que ça devient dangereux.

Dans cet article, j’ai envie qu’on regarde d’un peu plus près ce phénomène de body shaming (voire de fat shaming). De quoi parle-t-on exactement ? Pourquoi est-ce que ça concerne très majoritairement les femmes ? Comment ça peut t’affecter au quotidien ? Et surtout, comment faire face à toutes ces remarques non sollicitées pas toujours très sympathiques, voire carrément blessantes ?

Le body shaming

C’est quoi le body shaming ?

Le body shaming (que l’on pourrait traduire par « humiliation du corps » en français), c’est le fait de rabaisser, humilier ou faire honte à quelqu’un à cause de son apparence physique, ce qui génère un sentiment de honte corporelle.

Ce terme vient de l'anglais body qui veut dire « corps » et shaming qui signifie « faire honte » ou « humilier ».

Ça peut prendre la forme de remarques humiliantes, culpabilisantes ou complètement déplacées… basées sur des critères physiques et des normes esthétiques propres à une société (taille, poids, traits du visage, coiffure, musculature, pilosité, etc.).

Dans ton quotidien, le body shaming peut s'exprimer de façon plus insidieuse à travers des remarques qui peuvent sembler anodines, mais qui n’en sont pas moins dévalorisantes :

  • Tu n'as pas un peu grossi ? C’est dommage, tu as un si joli visage !

  • Tu devrais éviter les débardeurs à bretelles fines, ça te fait les bras ronds… 

  • Elle est jolie cette robe, mais ça serait peut-être un peu mieux avec moins de ventre, non ?

  • Tu es sûre que tu vas porter cette jupe avec les cuisses que tu as ?

  • Tu es courageuse de t'assumer comme ça et de porter cette robe, moi je n’aurais jamais osé.

Lorsque les commentaires visent à rendre honteux quelqu'un parce qu'il est en surpoids, on parle de fat shaming. Ce comportement s'apparente à de la grossophobie. À l'inverse, le skinny shaming s'attaque aux physiques plus maigres. Aucune morphologie n’est épargnée !

💡 Selon une étude de l'institut de sondage YouGov réalisée en 2019, 3 Français sur 10 affirment avoir déjà été victime de body shaming. 85 % de ces jugements sur le physique provenaient de l’entourage (collègues de travail, amis ou famille).

Les exemples de body shaming les plus connus et ce que ça révèle de ce phénomène

Le body shaming a émergé au cours des années 2000 dans les médias anglo-saxons, notamment à travers les articles et les couvertures hyper-racoleuses des tabloïds sur le corps des célébrités. On pointait systématiquement du doigt les variations de poids chez les célébrités féminines. Le message derrière tout ça était simple : aucune femme n’est jamais « comme il faut ».

Avec les réseaux sociaux, ce fléau a vraiment pris de l’ampleur parce qu'on est passé d'un concept qui concernait essentiellement la presse people à tout le monde qui commente tout le monde, tout le temps.

Et le plus fou dans tout ça ?

Même les femmes considérées comme « parfaites » n’y échappent pas.

Les exemples de body shaming les plus connus :

  • L’auteure-compositrice-interprète et productrice de musique Ariane Grande, soupçonnée d’être « malade » car jugée trop maigre.

  • La chanteuse et actrice Selena Gomez, harcelée et critiquée pour sa prise de poids.

  • Margot Robbie qui a incarné Barbie au cinéma, dont le corps serait « ruiné » à cause de sa grossesse.

  • La journaliste Keely Shaye Smith, mariée depuis plus de 20 ans à Pierce Brosnan, qui fait systématiquement l'objet de commentaires moqueurs et haineux en raison de sa prise de poids (« Comment il fait pour rester avec une femme pareille ? »).

  • La superstar américaine Taylor Swift qui a expliqué avoir souffert de troubles de l'alimentation jusqu’à être entraînée dans une « spirale de la détestation », mais qui continue de recevoir une tonne de remarques sur son corps (son ventre pas assez plat qui signifie forcément qu’elle est enceinte, ses bourrelets, ses hanches, etc.).

  • L’actrice Pamela Anderson qui se fait critiquer parce qu'elle a vieilli et qu'elle ne porte pas de maquillage.

  • La chanteuse Beyoncé qu’on a qualifiée de « baleine » qui avait « besoin d'Ozempic » (un médicament détourné pour la perte de poids) après un show à Las Vegas.

  • La chanteuse et actrice française Louane, victime d’insultes et de commentaires grossophobes après son accouchement, puis encensée après son amaigrissement (« Elle a bien maigri, elle doit se sentir mieux comme ça », « Elle a perdu beaucoup de poids, elle peut même monter 3 marches sans être essoufflée » ou encore « Elle a enfin perdu des kilos et retrouvé son blond ! »).

👉 Tous ces exemples démontrent qu’aucun corps féminin n’échappe au body shaming, pas même celui des femmes les plus célèbres et les plus admirées. Les standards de beauté qu'on impose sont non seulement irréalistes, mais surtout mouvants et contradictoires : hier on t’a reproché d'être trop ronde, aujourd'hui on t'encense parce que tu as perdu du poids, et demain on te dira que tu as trop maigri.

Tu dois être naturelle, mais irréprochable. Tu dois assumer ton corps, mais quand même « faire attention ». Tu dois être mince, mais avoir des courbes là où il faut, et pas trop maigrir sinon c’est que tu es malade. Tu dois te maquiller pour être soignée, mais pas trop, sinon c’est que tu es superficielle.

Pourquoi ce sont surtout les femmes qui subissent des remarques honteuses sur leurs corps ?

Il y a plusieurs raisons qui peuvent expliquer pourquoi ce sont les femmes qui sont surtout victimes de body shaming :

  • Notre société s'est construite sur la misogynie et le patriarcat. Depuis des siècles, le corps des femmes est observé, commenté et contrôlé par les hommes, les institutions, la religion et même la médecine. On a décidé à ta place ce qu'il devait peser, ce qu'il avait le droit de faire ou pas.

  • La culture des régimes et de la minceur s'adresse surtout aux femmes. Les régimes, les cosmétiques, la chirurgie esthétique, la mode, les compléments alimentaires… Tout ce marché repose sur l’idée que ton corps est un problème à résoudre. Plus tu te sens « pas assez » (belle, jeune, mince, sexy, féminine, musclée, etc.), plus tu consommes.

  • Le contrôle du corps féminin, c'est aussi une forme de contrôle social. Une femme qui se préoccupe en permanence de son apparence, qui compte ses calories, qui surveille son reflet, qui doute d'elle-même… passe une énergie mentale énorme à essayer d’être « acceptable ».
    Une énergie qu’elle ne met plus ailleurs.

  • Paradoxalement, les role models féminins contribuent à cultiver l'ambiguïté. Je pense à toutes les stars comme Beyoncé ou Taylor Swift qui prônent le girl power, la liberté de disposer de leur corps… Mais qui mettent systématiquement en avant un corps sexualisé et dénudé durant leurs apparitions publiques (clips, concerts ou tapis rouge).

Les femmes elles-mêmes intériorisent ces injonctions et les perpétuent. La tante qui te fait une remarque à table, l'amie qui lève un sourcil quand tu commandes un dessert, la collègue qui « compatit » pour ta prise de poids… Parfois, rabaisser le corps des autres femmes, c'est une façon détournée de gérer la honte qu'on ressent vis-à-vis du sien.

C’est quoi le body shaming ?

Quelles sont les conséquences du body shaming et pourquoi ça nous affecte autant ?

Si les critiques sur notre corps nous affectent autant, c’est parce qu’elles appuient sur les insécurités créées par cette société malade et rabaissante pour les femmes. Ça nous fait douter en permanence : on est persuadées que l’on n'est pas acceptables telles que l’on est. Même avec tous les efforts du monde, on ne sera JAMAIS assez bien.

Les conséquences du body shaming peuvent être terribles :

  • Tu développes plein de complexes vis-à-vis de ton corps. Tu essayes de le cacher, tu te restreins dans tes choix vestimentaires, et tu refuses qu’on te prenne en photo.

  • Tu te compares en permanence aux autres femmes, ce qui fragilise ton estime de toi et ta confiance en toi. Tu es persuadée que pour être acceptée, aimée et validée, tu dois correspondre à un idéal impossible à atteindre.

  • Tu entretiens une véritable obsession pour ton poids, et donc pour ton alimentation que tu cherches aussi à contrôler. C’est la porte ouverte aux compulsions et aux troubles alimentaires.

  • Tu entretiens un dialogue intérieur négatif et culpabilisant envers toi-même (« je suis moche et repoussante », « je me dégoûte », « je suis incapable d’être aimée »). Plus besoin des autres et de leurs mots blessants, les remarques des autres finissent par devenir ta propre voix intérieure.

  • Tu dépenses des sommes folles dans des solutions miracles censées t’aider à devenir cet idéal féminin (cosmétiques, compléments alimentaires, applications ou programmes minceur, livres de conseils, etc.), au lieu de consacrer ton argent à des projets vraiment utiles et qui te font du bien.

  • Tu négliges ta santé physique réelle, prêtant davantage attention aux injonctions et aux avis extérieurs. Tu t'écoutes moins et tu préfères te punir ou souffrir quand tu estimes que tu dois te « discipliner ». Parce que ton corps est devenu un ennemi, et non pas un allié dont tu devrais prendre soin.

  • Ta vie sociale est, elle aussi, impactée. Tu anticipes les jugements, tu imagines les commentaires négatifs, tu prépares des stratégies d'évitement. Tu refuses des invitations à sortir, des soirées ou même des vacances à la mer de peur de devoir t’exposer au regard des autres.

  • Sans le vouloir et sans en avoir conscience, tu transmets ces schémas de pensée et de comportement qui te font du mal à tes proches (famille et amies), voire à tes propres enfants. En effet, une fille qui grandit auprès d'une mère complexée par son physique apprend très tôt que le corps féminin est un problème à gérer.

Comment faire face au body shaming ?

Tu t’en doutes : il n'existe pas de formule magique capable de te rendre imperméable aux remarques des autres. J’aimerais te dire que l’on peut vivre sans besoin de validation, d’acceptation ou d’appartenance, mais ce serait te mentir… C'est humain, universel, et ça ne disparaît pas uniquement parce que tu as décidé que tu n’en as « plus rien à faire de l’avis des autres ».

Ce que je peux faire en revanche, c'est te donner des outils concrets pour que ces remarques aient de moins en moins de prise sur toi, sur ce que tu ressens et sur la façon dont tu te traites.

Mes 6 conseils pour faire face au body shaming :

  1. Première chose importante : comprendre que le problème ne vient pas de toi. Notre société est malade et malheureusement, ça ne va pas changer tout de suite. Le mieux que tu puisses faire, c'est de ne plus contribuer à cette toxicité généralisée, en arrêtant de te critiquer et de juger les autres. L'objectif n'est pas d'être « body positive », mais plutôt « body neutral », c'est-à-dire neutre par rapport au corps d’autrui.

  2. Rappelle-toi que les personnes qui critiquent le corps des autres sont des personnes qui sont mal dans leur peau, qui ont une certaine vision de la femme et de la féminité, et qui ont peut-être elles-mêmes souffert de moqueries. Leurs commentaires négatifs sur ton corps ne sont que le reflet de leur histoire et surtout de leurs propres insécurités.

  3. Anticipe les réponses aux commentaires toxiques, pour ne pas être prise au dépourvu sur le moment. Si on te donne des conseils sur ton poids ou sur ce que tu devrais faire pour perdre du poids, tu peux répondre « Merci, mais tes conseils ne m'aident pas », « C'est mon problème et personne ne sait mieux que moi ce qui est bon pour moi » ou tout simplement « Je n'ai pas besoin de ton approbation ». Si on te fait des commentaires sur ce que tu manges, tu peux dire « Je profite de la vie et tu devrais faire pareil. C'est mon assiette et je t'invite à t'occuper de la tienne ».

  4. Face aux remarques d'une personne que tu estimes et que tu admires, cherche à clarifier ses intentions. Tu peux lui poser une simple question : « qu'est-ce que tu veux dire par là exactement ? ». Parfois, un compliment peut être mal interprété… Si on te dit « tu as bonne mine avec ce maquillage ! », tu peux croire qu’on sous-entend qu’en fait, tu es moche quand tu ne te maquilles pas. Ou alors, si on te dit que tu es très belle quand tu portes une robe, tu vas penser qu’on te trouve moche dans tes autres vêtements.

  5. N’hésite pas à te montrer plus ferme et à mettre des limites avec les personnes qui se montrent carrément insultantes ou blessantes. Par exemple, tu peux dire : « Ta remarque est maladroite et irrespectueuse et je ne le tolèrerai pas. Si tu continues, on devra arrêter de se voir ».

Essaye de prendre du recul et de rire de tout ça. Pour t’aider à relativiser, tu peux par exemple consulter les comptes Instagram qui affichent les haters et les bodyshamers. Parfois, voir à quel point certaines critiques sont absurdes aide aussi à prendre du recul.

Stop au body shaming

✨ Si cet article t’a parlé, c’est peut-être parce qu’au fond, tu en as marre de passer ta vie à te sentir jugée.

Marre de devoir faire attention à ton corps, à ton assiette, à ton apparence… comme si tu n’étais jamais « assez ».

C’est exactement pour ça que j’ai créé Mission Sensations Alimentaires.Un programme pensé pour t’aider à sortir de cette obsession du corps et de la nourriture… et retrouver enfin une relation plus apaisée avec toi-même.

Quand tu rejoins la Team MSA, tu n’avances pas seule.Tu retrouves une communauté de femmes qui vivent les mêmes difficultés que toi, avec qui tu peux échanger librement, poser tes questions, être soutenue… et arrêter de porter tout ça toute seule.

De mon côté, je suis là aussi pour t’accompagner et t’aider à avancer pas à pas.

Grâce au programme, tu vas pouvoir :

✓ Te libérer des injonctions, des peurs et des automatismes qui te poussent vers la nourriture.

✓ Apprendre à manger les justes quantités, sans excès, sans culpabilité ni prise de tête.

✓ Retrouver plus de sérénité, de confiance en toi et de liberté dans ton rapport à ton corps et à l’alimentation.

Découvre le contenu du programme Mission Sensations Alimentaires et les témoignages des femmes qui ont déjà rejoint l’aventure.

Cet article de blog est un contenu pédagogique qui ne vise pas à diagnostiquer, traiter ou remplacer un suivi médical ou thérapeutique. Il ne constitue pas un avis médical ou nutritionnel. Si tu souffres de troubles physiques, mentaux ou alimentaires graves, il est essentiel de consulter un professionnel de santé.

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